Généalogie et histoires en Dauphiné - Le Blog

César et les rebelles corses


César Grivet-Coquet est né le 1er décembre 1744, aux alentours de minuit, à Attignat-Oncin. Le village fait alors partie du duché de Savoie, aux mains de Charles-Emmanuel III, roi de Sardaigne.

César reçoit le prénom de son oncle maternel et parrain, César Magnin. Il est élevé au sein d'une famille de marchands, sans doute aisés : son père s'appelle Jérôme et sa mère Josephte.

Extrait de la carte "Savoye Piémont le Dauphiné la Bresse et le Bugey où se trouvent partie du Lyonois et de la Provence jusqu'à Nice, partie de l'Etat de Genes jusqu'au final", Nicolas Bailleul, 1747 (Bibliothèques municipales de Chambéry).

Alors qu'il n'a même pas vingt ans, César quitte sa Savoie natale et s'engage dans l'armée française, vers l'an 1763 ou 1764. Il est incorporé au régiment de Languedoc, dans la compagnie de Beaulincourt. Le régiment du Languedoc fut affecté au service des ports et colonies par une ordonnance du 10 décembre 1762. César sera grenadier.

Le conflit corse

Dès 1756, la France était arrivée en Corse afin d'aider la République de Gênes à maintenir sa souveraineté sur l'île. En 1764 est signé le traité de Compiègne, deuxième du nom : les français tiendront désormais les places fortes d'Ajaccio, Calvi et Bastia. C'est ainsi que César et le régiment de Languedoc arrivent de Toulon à Bastia, en novembre 1764. Le 15 mai 1768 est rédigé le traité de Versailles : la République de Gênes renonce provisoirement à la Corse au profit de la France, qui s'engage à pacifier l'île, mais aux frais de la République. Le roi de France, Louis XV, sait que Gênes, au bord de la faillite, ne pourra jamais rembourser sa dette. Pour la Corse c'est le début de la souveraineté française.

Portrait de Pascal Paoli, huile sur toile v.1810, William Beechey, collection particulière (terresdefemmes.blogs.com).

Sur l'île des rebelles sont menés par Pascal Paoli, un homme qui lutte pour une nation indépendante. Celui-ci juge comme illégal et immoral le traité de Versailles : Gênes ne possède l'île que par droit de conquête. En découleront des batailles, restées célèbres, entre français et rebelles corses.

L'une d'elles, la bataille de Borgo, eut lieu en octobre 1768. Paoli et ses hommes coupèrent les conduites d'eau qui abreuvaient leurs ennemis français, réfugiés dans le village. C'est la défaite pour les français, qui se constituèrent prisonniers.

Bataille de Pontenovo, 1769, tombeau de l'indépendance corse (corsicatheque.com).

Une autre de ces batailles fut celle de Ponte Novu, en mai 1769. Les corses sont pris au piège sur le pont génois nommé Ponte Novu, encerclés par les feux ennemis. Beaucoup se noient en tentant de fuir par le fleuve. Une tradition orale rapporte que la bataille fut si violente que le fleuve Golo devint rouge sang. Ce fut une grande victoire française. Au mois de juin suivant, Paoli quittera l'île, contraint à l'exil. Quant aux français, ils ne quitteront plus jamais la Corse.

Le régiment de Languedoc restera six ans à Bastia, avant son retour à Toulon en novembre 1770. C'est dans ce contexte que pris fin la carrière militaire de César, lorsqu'au court d'un combat en Corse, il fut atteint par deux coups de feu.


Sources :
- Registres paroissiaux d'Attignat-Oncin
- Bibliothèques municipales de Chambéry
- Historique du régiment, par l'historien militaire Susane, S.H.D., ancestramil.fr
- La Corse pour les Nuls, Thierry Ottaviani, 2010

Partager :

1 commentaire:

  1. Quand la petite histoire rencontre la grande ! (j'avoue ne pas connaître cette période ni ces lieux).

    RépondreSupprimer

Articles populaires