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Oran, 1856



   Jean-Baptiste Durand, colon récemment installé en Algérie, avait formulé une demande pour obtenir des terres à Boutlélis, près d'Oran.



Voici la réponse qu'il reçut de la préfecture :

Lettre de la préfecture d'Oran à Jean-Baptiste Durand.


 A Monsieur Durand Jean-Baptiste, rue Napoléon, à Oran.

Monsieur,
   J'ai l'honneur de vous informer que M. le Ministre de la Guerre vient de me renvoyer la demande de concession à Boutlélis que vous lui avez adressé.
   J'ai le regret de vous informer que par suite des nombreuses concessions accordées depuis peu à Boutlélis, il ne m'est plus possible de vous accorder une maison dans ce centre.
   Si au moyen de vos ressources et par suite de vos projets d'exploitation vous avez l'intention de créer à Boutlélis une exploitation isolée, veuillez m'en informer. Il sera possible alors de vous concéder des terres sur lesquelles vous pourrez construire une ferme.
   J'attends votre réponse pour informer le Ministre de la suite qui pourra être donnée à votre affaire. 



Nouvelle demande de concession de terres par Jean-Baptiste Durand.


“ Oran, le 2 janvier 1856,

A Monsieur le Préfet du département d'Oran, à Oran.

Monsieur le Préfet,
   En 1854 j'ai eu l'honneur de vous adresser avec toutes les pièces nécessaires une demande à l'effet d'obtenir la concession d'une maison et d'un lot de culture à Boutlélis. Sur votre proposition, M. le Ministre avait bien voulu faire droit à ma demande. Mais quand la décision vous parvint la seule maison qui se trouvât encore disponible à Boutlélis venait d'être accordée. Pour me dédommager sur une nouvelle proposition erronée de vous, M. le Ministre par dépêche qui m'a été notifiée par vos bureaux, décida qu'un terrain de 99 hectares me serait accordé.
   Cependant, Monsieur le Préfet, la mort de mon père qui survint tout à coup, la douleur de cet événement aussi soudain que pénible, les préoccupations commerciales qui en furent la suite et le règlement d'affaires de famille qui viennent seulement d'être terminées, m'absorbèrent tout entier et m'empêchèrent de poursuivre la solution de ma demande en concession.
   Aujourd'hui, Monsieur le Préfet, dégagé de soins aussi graves et désireux de profiter des avantages qui m'ont été accordés par M. le Ministre, j'ai l'honneur de venir vous rappeler ma demande en vous priant de vouloir bien proposer à son Excellence de m'accorder 99 hectares sur les terrains encore disponibles les plus rapprochés du centre de Boutlélis.
   Permettez moi d'espérer, Monsieur le Préfet, qu'en raison des motifs qui m'ont forcé de laisser ma demande en suspens, vous serez assez bienveillant pour en faire reprendre l'instruction à un point de vue favorable et en proposer la solution à mon avantage.
   Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'hommage de mon profond respect.
   Votre très humble et très obéissant serviteur.
Durand. 




Source : archives nationales d'Outre-Mer (correspondances du ministre de la Guerre).

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