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Oran, 1856


Jean-Baptiste Durand était né sur les bords du lac de Paladru, en Isère et vivait négociant à Oran, en Algérie. En 1854 sa demande de concession de terres dans la colonie ne lui avait pas été accordée.

Il renouvellera sa chance deux ans plus tard, en 1856, ainsi qu'en témoigne ce courrier conservé aux archives nationales d'Outre-Mer :



“ Oran, le 2 janvier 1856,

A Monsieur le Préfet du département d'Oran, à Oran.

Monsieur le Préfet,
   En 1854 j'ai eu l'honneur de vous adresser avec toutes les pièces nécessaires une demande à l'effet d'obtenir la concession d'une maison et d'un lot de culture à Boutlélis. Sur votre proposition, M. le Ministre avait bien voulu faire droit à ma demande. Mais quand la décision vous parvint la seule maison qui se trouvât encore disponible à Boutlélis venait d'être accordée. Pour me dédommager sur une nouvelle proposition erronée de vous, M. le Ministre par dépêche qui m'a été notifiée par vos bureaux, décida qu'un terrain de 99 hectares me serait accordé.
   Cependant, Monsieur le Préfet, la mort de mon père qui survint tout à coup, la douleur de cet événement aussi soudain que pénible, les préoccupations commerciales qui en furent la suite et le règlement d'affaires de famille qui viennent seulement d'être terminées, m'absorbèrent tout entier et m'empêchèrent de poursuivre la solution de ma demande en concession.
   Aujourd'hui, Monsieur le Préfet, dégagé de soins aussi graves et désireux de profiter des avantages qui m'ont été accordés par M. le Ministre, j'ai l'honneur de venir vous rappeler ma demande en vous priant de vouloir bien proposer à son Excellence de m'accorder 99 hectares sur les terrains encore disponibles les plus rapprochés du centre de Boutlélis.
   Permettez moi d'espérer, Monsieur le Préfet, qu'en raison des motifs qui m'ont forcé de laisser ma demande en suspens, vous serez assez bienveillant pour en faire reprendre l'instruction à un point de vue favorable et en proposer la solution à mon avantage.
   Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'hommage de mon profond respect.
   Votre très humble et très obéissant serviteur.
Durand. 

Les desseins de notre homme, contrecarrés par le décès de son père, ne purent se réaliser. Il retrouvera sa mère et ses sœurs à Bilieu où il s'établira avec son épouse, Marie Jayet-Laviolette.


Source : archives nationales d'Outre-Mer (correspondances du ministre de la Guerre).

Pour suivre l'histoire de la famille Durand en Algérie, vous pouvez consulter le libellé #durandalgérie.

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