Généalogie & histoires en Dauphiné

Annibal et les derniers Musy

Annibal de Musy fut au milieu du XVIIe siècle l'un des derniers seigneurs du Châtelard, une petite maison forte située sur les hauteurs du village de Cessieu, près de La Tour-du-Pin.

Site de l'ancien Châtelard de Cessieu.

Cette maison forte avait été acquise en 1613 par le grand-père d'Annibal, Léonard de Musy, trésorier général de France. Annibal se maria à quatre reprises. Il épousa en premières noces le 4 juin 1650, Virginie de Loras : « la veille de la Pentecoste de l'annee 1650 ont este espouse noble Annibal de Muzi sr du Chastelard et damoyselle Virginy de Loras fillie de noble Philliber de Loras en presence de monsr de Champie mr du Veau et mr de Faugence avec plusieurs autres dans leglise de St Marcel ». Elle lui donna deux enfants : Jean en 1652 et Françoise en 1657.
Acte de mariage d'Annibal et Virginie de Loras.

Acte de mariage d'Annibal et Françoise de Varambon.

Sa seconde épouse fut Françoise de Varambon, par mariage célébré le 16 janvier 1663 à Cessieu. La troisième se nommait Antoinette Rostain. Les noces furent célébrées le 10 janvier 1680 à Lyon, paroisse Sainte-Croix. Les époux avaient déjà un fils, Laurent-Annibal, né avant leur mariage. Annibal épousa en quatrièmes et dernières noces Marguerite Rey-Brachet, qui lui donna deux fils : Claude-Gaspard et Jean-Joseph.

En plus de ces quatre mariages Annibal eut de nombreux enfants naturels :
- Magdeleine baptisée le 12 février 1649 à Cessieu. Qualifiée de "fille donnée", soit fille illégitime. Sa mère se nommait Françoise Florer,
- Antoinette baptisée le 14 janvier 1650 à Cessieu. Le nom de sa mère n'est pas précisé,
- Claude baptisé le 23 mars 1663, à l'âge de 3 ans. Dans l'acte il est stipulé qu'il est un "fils donné par Marguerite Colliard à noble Annibal de Musy",
- Marie, décédée en 1701 à l'âge d'environ 12 ans, sans que le nom de sa mère ne soit précisé.

Signature d'Annibal de Musy.

Annibal est décédé avant l'an 1693, car en cette même année son fils aîné Jean est titré seigneur de la maison forte du Châtelard dans les registres de maître Guédy, notaire à Cessieu. Le 10 septembre suivant Jean de Musy est présent lors de la rédaction du contrat de mariage de son domestique, Jean Rey-Brachet, dont le patronyme n'est pas sans rappeler celui de la quatrième épouse d'Annibal. Dans cet acte Jean s'engage à lui payer les 60 livres qu'il lui doit comme reste de ses gages. Jean de Musy mourut sans descendance et fut inhumé à Cessieu le 3 mars 1697.

Signature de Jean de Musy.

Signature tremblante de Claude-Gaspard de Musy.

Le second fils d'Annibal, prénommé Laurent-Annibal, avait choisie une carrière militaire et s'était établit à Paris, paroisse Saint-Sulpice. Il semble qu'il n'entra jamais en possession de la maison familiale. C'est Claude-Gaspard de Musy, le troisième fils, qui hérita de la seigneurie du Châtelard. Il fut le cinquième homme de la famille à entrer en possession de cette maison forte. Il en sera le dernier car il fit rédiger son testament « se voyant atteint d'une maladie dangereuse » le 14 février 1703, par maître Bergeron. Il lègue 50 livres à sa mère Marguerite Rey-Brachet et 60 livres à son frère cadet Jean-Joseph de Musy, les excluant de tous ses autres biens. Il nomme comme héritière universelle sa sœur consanguine Françoise de Musy, veuve de Philippe Cordier-Lacombe. Le testament fut rédigé à Cessieu, dans la maison forte du Châtelard, où vivaient ensemble en 1703 Claude-Gaspard et sa sœur Françoise.

Françoise de Musy hérita ainsi de la maison forte du Châtelard de Cessieu, au décès de ses frères. Elle en fut la première dame et la dernière propriétaire à porter le nom de Musy. Françoise avait été baptisée le 25 avril 1657, à Cessieu. Son parrain fut noble Ennemond de Musy, seigneur de la Molette, cousin germain de son père Annibal et sa marraine fut Françoise de Vantes, mère du dit Ennemond. Elle épousa en 1680 Philippe Cordier-Lacombe, bourgeois de La Côte-Saint-André, à qui elle donna plusieurs enfants.

Signature de Françoise de Musy.

Françoise était déjà veuve le 18 juin 1697, lorsqu'elle passa un acte devant le notaire Guédy. Elle déclare devoir 150 livres à messire Pierre Izoard, curé de Succieu. François Joffrey et Antoine Muhet, domestiques de la damoiselle, sont présents et témoins de l'acte qui est rédigé « dans la maison forte du Chastellard sur Cessieu, appartenant à la dite damoiselle et dans laquelle elle habite ». Françoise fut inhumée le 11 septembre 1705 dans l'église de Cessieu, en présence de son fils Ennemond Cordier-Lacombe.

La famille Musy de Cessieu s'éteindra avec les enfants d'Annibal. La maison forte sera abandonnée et au XIXe siècle ses ruines serviront à construire la chapelle de La Salette qui occupe désormais le site.




Blason de la famille Musy (branche issue de Léonard) : « d'azur au lion d'or, armé et lampassé de gueules, brisé d'une bordure d'argent ».





Sources :
- Bibliothèque Municipale de Lyon : fonds Morin-Pons,
- Archives départementales du Rhône : fonds de l'Ordre de Malte,
- Archives départementales de l'Isère : registres paroissiaux de La Tour-du-Pin, Cessieu et Saint-Marcel-Bel-Accueil ; archives notariales de Cessieu et La Tour-du-Pin,
- Archives communales de Cessieu,
- Archives municipales de Lyon,
L'Armorial du Dauphiné, Gustave de Rivoire de La Bâtie, 1867,
Histoire des châteaux de La Tour-du-Pin et de la région, revue Évocations, André Dénier, 1945-1948.
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2 commentaires:

  1. Je ne suis pas très au fait de l’histoire des impôts, mais je pensais que les seigneurs n’étaient pas assujettis à la taille. En ce qui les concerne quelle est la différence entre biens nobles et biens roturiers ?

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    1. C'est une très bonne question :) En 1641 cela faisait environ 60 ans que la famille Musy était anoblie. Sans doute que la plupart de leurs possessions étaient d'anciens bien roturiers. Peut être qu' un lecteur nous éclairera ?

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